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Mardi 20 janvier 2 20 /01 /Jan 13:49
En tant qu'éditeur, nous sommes souvent sollicités pour des demandes de service de presse (c'est à dire des exemplaires de nos livres gracieusement envoyés à l'attention de...). Les demandes émanent de personnes très diverses répondant à des multitudes de critères dont il est parfois difficile de jauger de la pertinence. Il ya les "journalistes officiels" affiliés à des médias de notoriété, les "multi-cartes" traitant d'un sujet précis en free-lance et une foule de nouvelles catégories allant du fan qui à l'oreille d'un gros webzine ou d'un blog un peu connu au responsable livre d'une institution socio-éducative, en passant par des responsables de festivals, des libraires, d'organisateurs de prix, des amateurs et des professionnels et on en passe... Si nous répondions positivement à tous le monde c'est quelques centaines d'exemplaires minimum que nous devrions envoyer par la poste avec une garantie de peu de retours clairement médiatiques (comme nous le démontre l'expérience). Si les gros éditeurs sont aptes à répondre massivement à ces demandes, c'est loin d'être le cas des petits dont les modestes moyens ne permettent pas de fournir tant d'exemplaires et encore moins de les envoyer par la poste. Un exemple : pour éventuellement être retenu dans la sélection annuelle de l'association des critiques de bande dessinée, c'est presque 80 exemplaires qu'il faudrait envoyer. Heureusement, les journalistes les plus professionnels, pardon les plus réalistes, acceptent aujourd'hui de travailler à partir d'exemplaires numériques au format pdf mais la plupart veulent vraiment avoir le livre entre leurs mains et souvent pas les plus professionnels, pardon, les plus fantaisistes.
Parfois aussi, et c'est le sujet du jour, nous tombons sur une perle, un truc tellement énorme, ou l'on a tellement l'impression qu'on se fout de notre gueule que si la personne formulait cette demande en face de nous elle se prendrait une bouffe avant d'avoir pu fermer la bouche (soyons réalistes, ces perles ne vous parlent jamais en face).
Ainsi d'un mail reçu début décembre (avec quelques coupures XXX) :

"A l’attention de l’Attaché(e) de presse

Chère Collègue, Cher  Collègue,

Objet :  DEMANDE DE SERVICE DE PRESSE

Nous souhaiterions recevoir les ouvrages qui suivent en service de presse afin d'en assurer la présentation dans le cadre des activités de notre Agence et de notre Revue de Presse :
 
XXXX[titre de l'ouvrage]XXXX

Un Dossier de presse est-il disponible ?
Ou mieux une documentation en Word ou pdf  ?

L’adresse de notre secrétariat figure en dessous.

Nous vous remercions par avance du suivi de notre demande et vous adressons nos meilleures salutations.

XXXXXXX
Secrétaire de Rédaction.

/////////////////
Agence de Presse EURO MEDIA
www.euromediapresse.com

Rédaction et Secrétariat :
xxxxxxxxxxxxx - France"


Renseignements prix auprès du site fantaisiste (ni mis à jour et reprenant des dépêches d'une agence de presse russe), petit visite embarquée dans google street etc... celà paraît tout à fait faux (ni plaque, ni devanture, ni concordance de nom, adresse vague).
Et puis 6 jours plus tard, ne voilà t-il pas que nous recevons une nouvelle demande, sur le même ouvrage mais émanant d'une autre agence cette fois-ci située à Bruxelles :

"LIVRES DEMANDES EN SERVICE DE PRESSE


Cher Confrère,

Pourriez-vous nous faire parvenir les ouvrages suivants en Service de Presse :
 
XXXX[titre de l'ouvrage]XXXX

Disposez-vous par ailleurs déjà d’un dossier de présentation ?

Avec nos remerciements,
Sincères salutations.

La Rédaction.

PS : voir notre adresse postale ci-dessous …


________________________________
CMC - Presse
Agence de presse du
Centre Media & Communication

Réception Courrier et Colis :
de 14 à 18h
xxxxxxxxxxxxxxxx

ADRESSE POSTALE :
C.M.C.
xxxxxxxxxxxxxx
Belgique"


Etonnant non ? comme nous dirait Pierre D.
D'autant qu'un mois auparavant nous était parvenu exactement ceci :

"Madame,

Objet : demande de livre en service de presse

Nous souhaiterions recevoir les livres suivant en service de presse afin
d'en assurer la présentation :


XXXX[titre de l'ouvrage]XXXX


Si vous disposez d'un Dossier de presse, merci de le joindre à votre envoi.

Adresse d'expédition :

EIPA
European Information and Press Agency
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx
(Belgique)

En vous remerciant.
Avec nos salutations les meilleures.

Le Secrétariat de Rédaction.

-------------------------------

E.I.P.A.
European Information and Press Agency
(Bruxelles - Sofia - Kishinev)

Agence de Presse
Revues de Presse
Enquêtes d'Opinion
Fiches bibliographiques
Dossiers thématiques et pédagogiques

www.confrontations.info

Rédaction centrale :
xxxxxxxxxxxxxxxx
 (Belgique)"


Tout en sachant que EIPA est "European Institute of Public Administration" et non pas "European Information and Press Agency", que les sites dont les liens sont ici reproduit mènent, jusqu'à preuve du contraire sur des sites paravents, que les demandes nous parviennent sous des adresses aliassées, nous voilà donc en présence de soit-disant média qui n'hésite pas à jouer sur l'ambiguïté d'identité pour grapiller des livres de ci de là...

Les vrais journalistes devraient peut-être se pencher sur la question, ne serait-ce que pour conserver leur légitimité et ne pas voir leur statut entâché par des fantaisistes. Sont-ils seulement au courant ? Ben, c'est censé être des journalistes, non ?
Par 6pieds
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Commentaires

Les journalistes n'aiment pas parler des coulisses de leur métier. Ils veulent maintenir (pour eux en premier d'ailleurs) l'illusion qu'ils sont des observateurs, des pros, qu'ils étudient la société sans l'influencer et que, sauf brebis galeuses qui confirment la règle, le système est irréprochable. Il faut voir les réactions chaque fois qu'un ancien journaliste "balance", parle des pratiques limite (cadeaux, mélange des genres, etc) : il se fait démolir par toute la profession. Je ne pense pas que les service presse seront un sujet d'étude journalistique avant longtemps.
Commentaire n°1 posté par Jean-no le 20/01/2009 à 20h32
Ce qui m'amuse finalement c'est la facilité avec laquelle on peut se faire passer pour un média culturel (aujourd'hui tout le monde croit l'être un peu), le peu d'interrogations que les média culturels portent sur eux mêmes (à quelques exceptions souvent non professionnels, style Le tigre, les éditions électriques...) fait que les confusions jouent à plein et n'importe quel hurluberlu pense pouvoir se faire passer pour un journaliste, malgré d'énormes ficelles. Quand le statut même de la source d'infos devient confus, il est peut-être temps de s'en inquiéter un peu.
Commentaire n°2 posté par 6P le 20/01/2009 à 23h06
Ah ! c'est du propre de railler ainsi le plus beau métier du monde ! L'amitié, cela va dans les deux sens, Messieurs ! Cela vous ferait-il du mal de tendre la main à ces personnes qui ne demandent qu'à vous projeter dans la lumière ? Ingratitude ! Ingratitude !
Commentaire n°3 posté par Monsieur Vandermeulen le 21/01/2009 à 07h43
oui,je trouve l'avis de mr Vandermeulen bien juste et précis. je ne vois pas ce que vous reprocher à ces joutrnalistes qui nous permettent d'avoir des livres neufs même parfois avant leur sortie officielle dans notre devanture. avez-vous seulement pensé aux pauvres pauvres qui ne peuvent s'acheter vos livres à cause de la crise?
Commentaire n°4 posté par jeanBourguiba,SoldeurSachantSolder le 21/01/2009 à 10h48
Je vous mets d'ores et déjà + 5 en comportement et je réduis vos prochains devoir de vacances, Jean.
Commentaire n°5 posté par Monsieur Vandermeulen le 21/01/2009 à 12h09
Tous les mois mon frère qui est libraire reçoit des vrais faux critiques de bd qui lui fourguent des nouveautés issues de service presse. Il ne peut pas tellement dire non, c'est le seul moyen qu'il ait pour être approvisionné en parutions récentes. Certains de ces critiques sont des vrais lecteurs qui veulent faire des échanges, d'autres sont juste des épiciers qui ont trouvé la faille pour bénéficier de SP et qui en tirent un revenu.
Commentaire n°6 posté par Jean-no le 21/01/2009 à 18h01
Je ne cesse de le leur dire, à 6 pieds, de commander ceci : http://le-tampographe-sardon.blogspot.com/2008/10/tampons-pour-diteur-fauch.html
Commentaire n°7 posté par Vandermeulen le 21/01/2009 à 18h12
Avoir chez soi un exemplaire SP Sardonnement tamponné, ça devient intéressant, ma foi. Combien sur e-bay?
Commentaire n°8 posté par jbgg le 23/01/2009 à 09h06
On sait maintenant pourquoi la critique de bande dessinée est moribonde: elle est financée par les bouquinistes !
Commentaire n°9 posté par Morvandiau le 26/01/2009 à 21h01
Je suis mon propre éditeur depuis quelques années et le tirage d'un livre coûte très cher. Merci de mettre les gens en garde contre ce genre d'abus. J'ai reçu les mêmes demandes de SP. Dommage de miner la longue route de la reconnaissance des auteurs....
Commentaire n°10 posté par Ptitjanluk le 06/02/2009 à 18h14
Bonjour,
Merci pour votre article. Nous sommes une petite maison d'édition à Genève et c'est exactement ce qui nous est arrivé (réception des 3 messages avec des adresses différente)! En faisant une recherche sur internet, nous venons de lire votre article ce qui confirme nos soupçons. Nous ne risquons pas de leur envoyer un seul de nos livres.
Commentaire n°11 posté par CETIM le 16/03/2009 à 12h27
Bonjour et merci pour votre article.
CMC - Agence de presse du Centre Media & Communication (Bruxelles) vient de m'envoyer le même courrier pour une demande en service de presse. Inquiet de ne pas les connaître... je leur demande une référence de site web pour me forger une opinion... J'attends toujours leur réponse que je ne recevrais sans doute jamais.
Merci pour votre vigilance.
Commentaire n°12 posté par Stephan le 23/07/2009 à 10h07
Il y a plusieurs mois, j'ai reçu les mêmes demandes à plusieurs reprises et une recherche approfondie sur internet m'a conduite à comprendre la supercherie.
Cordialement,
Martine Libertino
Commentaire n°13 posté par Editions Duchamps - Martine Libertino le 03/12/2009 à 19h03
Je vous remercie pour votre article car je viens de recevoir un message de cette agence fantôme. Après recherches, je suis arrivée sur votre blog. Nous aussi nous sommes une petite maison d'édition.

Merci pour l'info

MARY GUILLARD
EDITIONS LE JARDIN DES LIVRES
Commentaire n°14 posté par EDITIONS LE JARDIN DES LIVRES le 17/02/2010 à 11h20
Bonjour,
Je comprends parfaitement votre point de vue et partage votre analyse. Je m'insurge contre les abus que vous dénoncez. Je tiens un blog spécialisé (me voilà catalogué). Je suis journaliste mais n'ai pas de carte de presse car ce n'est pas mon activité principale. C'est même une activité "accessoire", mais essentielle pour moi. Je suis un vrai passionné et un défenseur du travail des auteurs. Je préside le jury du Prix de la BD sociale (Carolus Quintus) depuis 7 ans (valeur: 2500€). J'écris des commentaires sur les nouveautés BD depuis 16 ans. Mes commentaires sont diffusés sur www.vibration.fm (107.2 fm à BXL). J'ai animé pendant 8 ans une émission hebdomadaire "La BD en Bulles", avec des critiques et aussi pas mal d'interviews en direct. J'ai animé des Festivals. Bref, je me démène dupuis des années pour valoriser la bande dessinée. Je demande des exemplaires de presse. J'assure toujours un suivi avec des justificatifs de diffusion. Quant aux bouquinistes, je ne leur refourgue rien. Par contre, impossible de tout garder, même si j'adore les livres et que mes goûts sont éclectiques. Je fais donc le bonheur de la famille, des amis, de l'école de mon fils, ou encore aux auditeurs/visiteurs du blog via des concours ... Sachez encore que n'envoyer qu'aux journalistes "officiels" est un mauvais calcul qui n'assure pas du tout le fameux "retour sur investissement", et que les tonnes de BD qu'ils reçoivent finissent bel et bien chez les bouquinistes. Ne vous bercez pas d'illusions. Quant aux journalistes dilettantes, ils s'avèrent bien plus respectueux de l'objet de leur passion, bien plus que la fausse image que vous véhiculez, et qui est renforcée, il est vrai, par quelques rapaces qui ont flairé un filon lucratif (et que vous avez d'ailleurs cernés). Ne généralisez pas s'il vous plaît. La réalité est nuancée. Saluez le travail, rémunéré ou non, des vrais "pros", qu'ils aient ou non une carte de presse.
Cette histoire me fait penser aux "marchands de sommeil" qui jettent l'opprobre sur l'entièreté des propriétaires-bailleurs, même ceux qui respectent leurs locataires et louent à des prix raisonnables. Mais c'est un autre débat.
Bien cordialement,

Marc DESCORNET
La BD en Bulles
http://labdenbulles.skynetblogs.be/
Commentaire n°15 posté par Descornet Marc le 28/06/2010 à 10h09
Mr. Descornet,
Vous ne devez pas bien connaitre notre travail ni notre historique pour ainsi défendre des choses que nous n'attaquons pas. Vous pourrez avoir un aperçu du travail passé (et bénévole) ici : http://www.pastis.org/jade/fev04/topvainchroniques2003.htm
qui n'est qu'un petit morceau de l'iceberg.
Sachez aussi que nous avons toujours refusé la carte presse (qu'on nous a proposé de nombreuses années) et louons le travail de la presse amateur dont nous nous sommes réclamés.
Cet article ne concerne que ces 2 obscurse "agences" et surtout l'absence totale de réactions des "vrais" journalistes par rapport à ces pratiques (certains ont même donnés leur feu vert pour reprendre leurs propre fil d'actualités, crédibilisant par la confusion que cela opèrent cette collecte de SP douteuse.
Commentaire n°16 posté par 6P le 28/06/2010 à 16h27

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